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Le dernier combat
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le Monde De Selenia Index du Forum -> Le Royaume des sept terres -> Laurent Boutonnat et Luc Besson -> Besson
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DeRNieR-SouRiRe
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 18:11    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Nous continuons l'expérience de recherches avec Le dernier combat, premier long métrage de Bessonvous pouvez mettre des interviews, photos...

Le but de ces recherches est de pouvoir mettre en commun tout ce qu'on pourra trouver sur Le dernier combat.

On compte sur vous tous pour que ces recherches soient fructueuses!
__________________________________________


www.devant-soi.com

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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 18:11    Sujet du message: Publicité

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mymy
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:34    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Comme j'avais dèja trouvé des infos dessus le mois dernier je les poste


Un film de Luc Besson
Avec: Pierre Jolivet, Jean Reno, Jean Bouise


Seul, dans sa tour, un homme survit au cataclysme planétaire. Dans une grande pièce vide, avec pour toute compagne une poupée gonflable, il se prépare au départ en construisant un petit avion. Dehors, tout n'est que désolation : vent et dunes de sables ont envahi les ruines. Un peu plus loin, une bande de barbares commandée par un chef sanguinaire vêtu de blanc, règne sur un cimetière de voitures. L'homme les observe, puis à leur barbe, s'empare d'une batterie en blessant le chef. Il peut enfin terminer son engin et réussit à s'envoler juste avant d'être rattrapé par les barbares. C'est à Paris, en ruines, que l'homme atterrit. Après une bagarre contre un colosse, l'homme, blessé, trouve refuge chez un médecin retranché dans une ancienne clinique. Le médecin, après l'avoir soigné, va lui révéler ses secrets...

"Le Dernier Combat" marque la première collaboration au cinéma entre Jean Reno et Luc Besson. Enfin, on devrait plutôt dire la deuxième collaboration, car ce film est tiré d'un court métrage nommé "L'avant-dernier", avec déjà Jean Reno et Pierre Jolivet dans leur rôle respectif, et Besson à la caméra. Après ce court, Besson aurait dû s'attaquer directement à "Subway", mais faute de moyens, il décida de faire un long métrage de "L'avant-dernier". "Le Dernier Combat" est donc son premier film, et l'occasion pour Jean Reno d'avoir enfin son premier rôle important. Il joue une sorte de mastodonte brutal et extrêmement violent, qui cherchera par tous les moyens à s'introduire dans le repaire du médecin, et par la même occasion de tuer l'homme (Pierre Jolivet) Tourné en 11 semaines, dans des décors farfelus (ancienne usine en démolition, chantier, désert du Sahara !), "Le Dernier Combat" est un film muet, avec pour unique parole : le BONJOUR de Jean Bouise ! Le film a été présenté au festival du film fantastique d'Avoriaz en 1983, et a remporté le Prix Special du Jury et le Prix de la Critique (un comble, quand on connaît la méchanceté des critiques envers Besson depuis "Subway" !). Dans la foulée, il a remporté une dizaine de Prix dans divers festivals internationaux. Le film est sorti en France le 6/04/1983 et a fait 169 651 entrées. Lors de sa deuxième sortie, le 24/06/1992, il a fait 99 636 entrées. Pas de quoi triompher, mais il faut rappeler que Besson ne disposait que d'un minuscule budget de 600 000 francs (le budget final sera 3 289 949 Frs hors taxes), et son banquier lui avait autorisé un découvert de seulement 1 500 Frs ! Le film reste quand même un pur chef d'œuvre (comme tous les films de Besson) et un véritable exploit, car le manque de moyens handicapa beaucoup le réalisateur et son équipe, et le résultat est largement au-delà de toute espérance !
Film français

Réalisateur : Luc Besson
Scénariste : Luc Besson
Pierre Jolivet
Casting : Pierre Jolivet (L'homme)
Jean Reno (le colosse barbu)
Jean Bouise (Le médecin)
Fritz Wepper (Le chef)
Directeur de la photographie : Carlo Varini
Montage : Sophie Schmit
Musique : Eric Serra
Décors : Patrick Lebere
Christian Grosrichard
Thierry Flamand
Son : Jean-Paul Loublier
Producteur : Constantin Alexandov
Durée du film : 90 minutes
Procédé image : 35 mm-Cinémascope Noir&Blanc



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mymy
Invité

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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:38    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Extrait du livre sur Jean Reno qui parle du "Dernier Combat" et de sa rencontre avec Luc Besson

C'est une bonne époque pour le cinéma français. Deux cents films par an, d'énormes succès, un paquet de navets, et c'est surtout là-dedans qu'il y a des places à prendre. C'est quand même mieux que de ne rien faire. On appelle cela des "rôles alimentaires". Alors, dans ce genre-là, quand je me présente au casting des "Bidasses aux grandes manoeuvres" de Raphaël Delpard, je m'attends au pire. Pour se donner du courage, on y va à deux. Avec Maurice Lamy, un petit mec pas possible, avec une tronche d'extra-terrestre qui subsiste en vendant des fruits et légumes au marché de Neuilly.

Quand on arrive, il y a déjà une bonne centaine de candidats, moyenne d'âge: moins de vingt ans. Je me dis que je me suis planté et ça me met de mauvaise humeur. Je suis à deux doigts de partir. Et ça serait dommage parce que ce casting va changer ma vie. Le premier assistant s'appelle Luc Besson. C'est lui qui nous reçoit. Il est encore plus jeune que les autres. Bon, décidemment je suis trop vieux pour ce film. Je sens que c'est foutu et je fais carrément la gueule. Pourtant, il a l'air sympa et souriant. D'ailleurs, pendant cette première rencontre, il est mort de rire du début à la fin. Pourtant, je ne peux pas dire que je fasse des efforts de conversation...
Vous avez des photos?

-Une.

Je la pose sur le bureau et je garde la main dessus.

- Faudra me la rendre, j'en ai marre qu'elles terminent dans un tiroir.



- D'accord. Vous avez déjà tourné ?

Sans un mot, je retourne la photo. Il lit. C'est vite fait !

- Bon, je vais voir avec le metteur en scène. Je garde votre photo, je vous préviens s'il y a quelque chose et je vous la rends, OK?

Je n'ai pas envie de me vendre. J'ai rien à raconter. Je me tire et j'oublie.

Alors, grosse surprise quand il me téléphone. Le metteur en scène veut me voir. J'y vais. C'est du genre brève rencontre. Il me regarde comme des baskets d'occase dans un stand aux Puces!

- Bof... non, Luc. Ca ne va pas du tout, il est trop vieux, trop bizarre, pas assez minet et pas du tout jeune premier. Luc insiste. Il accepte enfin de me parler en direct.

- Qu'est-ce que vous avez fait dernièrement ?

- Une très belle ballade en vélo !

L'assistant éclate de rire mais pas le metteur en scène... Fin de l'entretien. Ce coup-là, j'oublie "Les bidasses" pour de bon.

Eh bien, j'ai tort. Je ne sais pas encore à quel point le jeune assistant - Luc Besson - est têtu. Mais alors vraiment têtu, gonflé et convaincant. En plus, il veut me tester pour ses futurs projets. Mais ça, il ne me le dira que beaucoup plus tard.
- Allo, Jean Reno? Un sergent-chef de l'armée française, ça vous irait?

Décidemment, je suis abonné aux képis.

- Pas de problème. Je prends.

- Bon. Super. Essayages après-demain.

- OK. Pas de problèmes. Et merci pour tout.

Il se marre.

- Attendez la fin pour dire merci.
Et il a raison. Parce que "Les bidasses", ça va être quelque chose! Le scénario est fantaisiste, le metteur en scène dépassé et la production radine au-delà de l'imaginable. Le tournage se fait dans l'improvisation, la démerde et surtout la franche rigolade. Luc est partout, premier arrivé, dernier parti. Et moi aussi avec ma tenue et mon képi, deux heures avant le P.A.T. (prêt à tourner). Rien que pour cela, on se sent déjà complices. A la sortie, "Les Bidasses aux grandes manoeuvres" allonge la liste des nanars de l'année, mais je m'en fous. Ce film est le début d'une énorme amitié et d'une grande aventure partagée, et, pour moi, le carrefour de ma vie de comédien.

Quelques mois plus tard, Luc me file rencart dans un café.

Je le retrouve avec plaisir, tel que je l'ai quitté à la fin des "Bidasses". Bouille d'ado sur épaules de catcheur et toujours habillé par le même couturier: pull informe, jean en accordéon, baskets éclatées et son éternelle mallette Mickey. A croire qu'il dort avec.

- Tu fais quoi en ce moment, Jean ?

- Je ne sais plus où donner de la tête. Depuis "Les Bidasses", ils sont tous après moi: Altman, Kubrick, Spielberg. Ils sont comme des fous.

- Super, mais à part ça ?

- Ben à part ça... pas grand chose.

- J'ai un truc à te proposer.

- Ah! Super. "Le retour des bidasses" ?

- Pas vraiment. Non, c'est un court métrage. - C'est quoi l'histoire ?

- Deux mecs qui se tapent dessus. Enfin, en gros.

- Elle est formidable ton histoire. Et c'est qui le metteur ?

- Moi !

- Ouah! Comment t'as fait, côté pognon ?

- J'ai pas de pognon. C'est pour ça qu'il faut faire vite parce qu'on me prête une caméra pour deux jours et j'ai trouvé un décor gratos le week-end.

- Et qui sont les vedettes?

- Pierre Jolivet et... Jean Reno


Je ne connais pas encore Pierre Jolivet. Mais avec son frère Marc, ils ont une série de sketches qui marchent fort dans les cabarets et les music-halls. Deux artistes plein d'humour et de talent.

- Et c'est payé combien ?

- C'est pas payé.

- Ah non ! Fini, les trucs gratos.

- Ah !

Il est K.O. Il plonge dans son thé au lait - il en boit quinze par jour. Ca dure dix secondes et il m'attaque à fond. Luc, c'est pas le genre à rester au tapis. Et il le veut, son acteur.

- Mille francs.

- D'accord.

Son visage s'illumine et on part dans un gigantesque fou rire. Ca y est, on est vraiment synchro, potes depuis toujours et pour toujours. Décidemment, je fonctionne vraiment au feeling. Comme avec Didier. Ca ne s'explique pas. C'est comme ça.

- Au fait, c'est quoi le titre ?

- "L'avant-dernier".
En fait, "L'avant-dernier", c'est le brouillon, le pré-film du "Dernier Combat". Tout y est déjà: Luc, bien sûr, Jolivet, Eric Serra, Jean Reno, le noir et blanc, le scope. Et le talent surtout. Je retrouve dans le cinéma de Luc ce que j'ai connu au théâtre avec Didier Flamand. Même si leurs personnalités, leurs goûts et leurs façons de travailler sont totalement différentes, ils se rejoignent quand même: ce sont des artistes, des vrais, passionnés, imaginatifs, exigeants, provocateurs et des monstres de travail. Ce film, c'est surtout la naissance de la "molécule": Luc, Eric et moi. Le trio de l'amitié indéfectible et de l'aventure partagée. L'osmose de trois garçons qui partagent les mêmes goûts, les mêmes rêves, les mêmes passions.

Luc, c'est l'amitié coup de foudre. Avec Eric, ça évoluera plus doucement. Grâce à lui, je redécouvre ma jeunesse, la musique surtout: c'est un musicien génial. Il joue de tous les instruments. Chez lui, il a au moins vingt guitares, sans parler du reste: on est comme des mômes dans un magasin de jouets. Avec Luc pour nous surveiller. Tous les trois, on se jette dans "L'avant-dernier" avec passion.



Luc n'a pas d'argent, pas de matériel, pas de relations. Il est complètement inconnu. Mais il a une foi qui déplace les montagnes et une énergie impensable qui vous entraîne au-delà de vos limites habituelles.

Ce court métrage se tourne dans la passion, l'urgence, la poussière, les gravats... et le bonheur!

Pourtant, au final, Luc n'est pas content de son film: d'ailleurs, il n'est jamais content de lui. Moi, je le trouve génial. Et j'ai raison: il est sélectionné au festival d'Avoriaz et je suis invité. Quelques jours à la montagne, ça ne peut pas faire de mal. Jacques, mon copain de Casa, décide de m'accompagner avec sa nouvelle voiture. Super voyage! Sauf qu'on s'arrête à Beaune et que les vins de la région, ça se laisse boire! Rigolade, euphorie, conduite de plus en plus sportive et plantade dans le fossé! Hôpital et points de suture... Avoriaz, ça ne sera pas ce coup-là.

Mais Luc, il y est, et ça ne marche pas mal pour lui. Il rentre gonflé à bloc et se lance direct dans un projet beaucoup plus ambitieux: "Subway", une histoire d'amour, d'amitié et de musique, tournée entièrement dans le métro. Une super histoire, mais qui va coûter cher. Alors, le temps de trouver le fric et d'obtenir les autorisations de la RATP, le tournage n'est pas pour demain et je reprends mon éternelle cavalcade.
Luc revient avec un nouveau projet: "Le Dernier Combat". Parce que "Subway", pour l'instant, on oublie: trop cher, trop dur, trop tôt. Alors, en "deux coups les gros", il écrit un scénario "à la Luc", monte avec Jolivet une société de production - Les films du loup - et fonce dans le tas.

Quand il me téléphone pour m'annoncer la grande nouvelle, j'ai mon fils, Michael, dans les bras en train de faire son rot. Il sent bon le bébé tout propre et j'adore ça.

- Ca y est, Jean. On fonce. Tu vas pouvoir recommencer à te taper sur la gueule avec Jolivet.

Je suis à deux doigts de lâcher Michael. On discute cinq minutes, excités comme des puces et quand je raccroche, Michael ne sent plus du tout le bébé propre. Ma chemise non plus d'ailleurs!

L'équipe se rassemble, s'organise, se serre les coudes et s'engage à mort : Eric Serra, Carlo Varini le chef op, Martine Rapin la costumière, Sophie Schmitt la monteuse, Didier Grousset le futur metteur de "Kamikaze", Patrick Alessandrin, Vincent Jeannot, François Gentit, Cambou à la photo et tous les autres... des "épées", une équipe de fer.

On a la joie immense que Jean Bouise accepte de se joindre à nous. Jean, c'est un comédien remarquable, un homme formidable d'une intelligence et d'une gentillesse exceptionnelles.

Le tournage est incroyablement compliqué. Pas par manque de motivation ou de compétence, mais par manque de fric. Luc a ramassé tout ce qu'il pouvait. Auprès de sa famille, de ses potes et même du seul coproducteur - Constantin Alexandrov - qui ait cru à son histoire. Mais tout cela ne couvrirait pas deux jours de tournage d'un film normal. Alors chaque journée, chaque minute, chaque plan sont des casse-tête permanents. Le matériel est prêté, les décors squattés, les plans volés, les scènes réécrites à la dernière minute, en fonction des moyens du jour, les salaires pas payés et - un comble en tournage - même la cantine est aléatoire. Fauchée et affamée, une partie de l'équipe change tout le temps et les promotions vont à la vitesse de l'éclair: on commence stagiaire le lundi et on termine premier assistant en fin de semaine.
Techniquement, c'est l'horreur: le problème avec le matos prêté à l'oeil c'est qu'on ne peut pas être plus exigeant. Le pire, c'est la caméra: on l'appelle "le lave-vaisselle", tellement elle fait de potin. Encore heureux que le film soit muet. Pas terrible pour se concentrer mais pratique pour Luc qui a la spécialité de continuer à nous parler, à nous diriger pendant qu'il filme la scène.



Spécial, mais efficace. Il ne nous lâche pas une seconde. Il est partout: auteur, metteur en scène, machino, accessoiriste, cadreur et balayeur. La seule chose qu'il ne sait pas faire, c'est dormir. Moi non plus. Pas le temps. Je suis totalement crevé et je vois arriver la scène de la grande bagarre finale avec angoisse.

Elle se tourne dans une usine EDF désaffectée. Pour des questions d'éclairage, on ne dispose que d'une heure et demie pour tout mettre en boîte... Avec Pierre, on a répété les différentes parties de la lutte comme une chorégraphie. Et puis, ça fait déjà des semaines qu'on se tape dessus: on est rôdés! La lumière est bonne. A l'attaque! C'est une course folle, désespérée, à travers une dédale de pièces en ruines et escaliers branlants. La caméra tourne sans arrêt, Luc et le chef opérateur se relaient à l'épaule. On hurle, on est en nage, essoufflés. Pierre trébuche. Je ne sais plus s'il fait semblant ou pas. Je lui tombe dessus. Il se dégage et me balance un pied de table. Faut être rapide dans l'esquive, on est en pleine impro. C'est le défoulement total. La tension monte. Luc nous incite à nous frapper davantage. Des gladiateurs dans l'arène. Tiens, j'ai un goût de vrai sang dans la bouche. Je ne sens rien, je continue. C'est la folie. A la fin, Pierre est-au-dessus de moi, brandit un truc, frappe... et ne me loupe pas.

- Coupez!

Je suis mort, vidé. Je reste plusieurs minutes allongé sur le sol. Luc est ravi :

- Bravo. On a tout. Hé ! Jean, ça va ? Tu saignes...

SOS Médecins : 4 points de suture. Le tournage se termine à l'agonie.

Pour les séquences de désert, toute l'équipe doit partir en Tunisie. Finalement, ils y vont à quatre. Le metteur en scène, le héros, le chef op... et la caméra. Difficile de faire moins cher.

Moi aussi, je suis à l'agonie. Alors que je ne fais pas grand chose depuis des mois, c'est bien entendu pendant le tournage que Didier Flamand monte "La manufacture". Il réussit à transformer les anciens entrepôts de la SNCF, quai de la Gare, en théâtre. C'est une pièce satirique sur le fonctionnement des ministres. Beaucoup de fonctionnaires vont s'y reconnaître et Didier va se faire quelques ennemis de plus. Mais c'est un artiste, pas un homme d'antichambre. En tout cas, pour moi, impossible de refuser. Luc le jour, Didier la nuit, c'est un peu "too much". Il me reste cinq heures pour passer à la maison. Juste pour dormir, avaler un café, dire bonjour-au revoir. Génial pour arranger les rapports familiaux! Surtout qu'en plus, pour profiter des décors déserts et gratuits, on tourne les week-ends. Mais en même temps, c'est formidable parce que le tournage, c'est vraiment le triomphe de la passion, du talent et de l'amitié. Et c'est un véritable succès. Pas vraiment dans le grand public parce qu'avec un film en noir et blanc, muet de surcroît - la seule parole du film, c'est B.O.N.J.O.U.R. Et encore il a du mal à le dire -, c'est difficile de rivaliser avec "Mad Max". Mais dans la profession, c'est un film qui existe. Il est sélectionné à Avoriaz. Ce coup-là, prudent, j'y vais en train. C'est la première fois que je vois le film: Luc refuse que ses comédiens voient la moindre image avant la copie définitive. Histoire qu'ils ne se prennent pas la grosse tête, fassent de l'autosatisfaction ou du défaitisme. La seule référence, c'est l'oeil du metteur en scène et finalement, c'est mieux comme ça.
A Avoriaz, il y a de la neige. Il fait frisquet mais l'ambiance est chaude. On est tous au rendez-vous pour le film, pour Luc: Jean Bouise, Pierre Jolivet, Fritz Wepper, Eric Serra, le producteur et la femme du producteur. Ca commence d'ailleurs mal: à l'entrée du festival, elle trébuche et tombe. On l'aide à se relever. Elle a une phrase superbe: "C'est pas grave. Quand on tombe on ramasse toujours quelque chose." Que cela nous serve de leçon !



Et c'est notre tour. Le noir, la magie de l'image.

35 scope et son Dolby stéréo ! Je me prends un grand coup sur la tête : le film est beau, original, maîtrisé, audacieux. J'ai envie de pleurer et, d'ailleurs, je pleure.

La lumière se rallume. Moi je ferme les yeux. J'entends mon coeur battre, et puis le bruit des applaudissements couvre mes palpitations. A la fin, c'est la remise des prix. Le jury commence par attribuer ceux de petite importance. Rien pour nous... Je n'ose pas croire que l'on nous réserve le meilleur pour la fin. "Prix spécial du jury..." le temps est en suspens. Lourd. "... pour Le Dernier Combat de Luc Besson." Ma tension se libère d'un seul coup et je m'entends crier des "Bravo, Luc !" à travers les applaudissements. Je suis heureux pour lui et pour nous tous. Je ne quitte pas Luc des yeux. Il monte sur scène prendre son prix comme un automate. Il nous rejoint, le regard plein d'étoiles. On se jette dans les bras l'un de l'autre en bafouillant des "merci" pleins d'émotion. Dans un fond sonore, le jury continue sa remise des prix. Pour nous, c'est bon. On a ce qu'il faut ! J'entends vaguement une fois encore: "... pour Le Dernier Combat de Luc Besson." Je n'ai rien compris ! Et encore des applaudissements. Des visages se retournent vers notre groupe. Je ne comprends toujours pas. Luc monte une nouvelle fois sur scène pour une deuxième récompense. Le rêve continue. J'ai peur de me réveiller. Le jury a décidé qu'on était vraiment méritants et nous offre le Prix de la Critique. C'est le délire ! Et ce n'est pas fini: dans la foulée, "Le Dernier Combat" va ramasser une douzaine de prix internationaux.

Pour Luc, les portes du métier s'entrouvrent: il va les exploser et faire "Subway". C'est sûr!

D'accord mais ça va être long. Très long. "Subway", ça sera en 1985.
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mymy
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:39    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Extrait du livre sur Jean Reno qui parle du "Dernier Combat" et de sa rencontre avec Luc Besson

C'est une bonne époque pour le cinéma français. Deux cents films par an, d'énormes succès, un paquet de navets, et c'est surtout là-dedans qu'il y a des places à prendre. C'est quand même mieux que de ne rien faire. On appelle cela des "rôles alimentaires". Alors, dans ce genre-là, quand je me présente au casting des "Bidasses aux grandes manoeuvres" de Raphaël Delpard, je m'attends au pire. Pour se donner du courage, on y va à deux. Avec Maurice Lamy, un petit mec pas possible, avec une tronche d'extra-terrestre qui subsiste en vendant des fruits et légumes au marché de Neuilly.

Quand on arrive, il y a déjà une bonne centaine de candidats, moyenne d'âge: moins de vingt ans. Je me dis que je me suis planté et ça me met de mauvaise humeur. Je suis à deux doigts de partir. Et ça serait dommage parce que ce casting va changer ma vie. Le premier assistant s'appelle Luc Besson. C'est lui qui nous reçoit. Il est encore plus jeune que les autres. Bon, décidemment je suis trop vieux pour ce film. Je sens que c'est foutu et je fais carrément la gueule. Pourtant, il a l'air sympa et souriant. D'ailleurs, pendant cette première rencontre, il est mort de rire du début à la fin. Pourtant, je ne peux pas dire que je fasse des efforts de conversation...
Vous avez des photos?

-Une.

Je la pose sur le bureau et je garde la main dessus.

- Faudra me la rendre, j'en ai marre qu'elles terminent dans un tiroir.



- D'accord. Vous avez déjà tourné ?

Sans un mot, je retourne la photo. Il lit. C'est vite fait !

- Bon, je vais voir avec le metteur en scène. Je garde votre photo, je vous préviens s'il y a quelque chose et je vous la rends, OK?

Je n'ai pas envie de me vendre. J'ai rien à raconter. Je me tire et j'oublie.

Alors, grosse surprise quand il me téléphone. Le metteur en scène veut me voir. J'y vais. C'est du genre brève rencontre. Il me regarde comme des baskets d'occase dans un stand aux Puces!

- Bof... non, Luc. Ca ne va pas du tout, il est trop vieux, trop bizarre, pas assez minet et pas du tout jeune premier. Luc insiste. Il accepte enfin de me parler en direct.

- Qu'est-ce que vous avez fait dernièrement ?

- Une très belle ballade en vélo !

L'assistant éclate de rire mais pas le metteur en scène... Fin de l'entretien. Ce coup-là, j'oublie "Les bidasses" pour de bon.

Eh bien, j'ai tort. Je ne sais pas encore à quel point le jeune assistant - Luc Besson - est têtu. Mais alors vraiment têtu, gonflé et convaincant. En plus, il veut me tester pour ses futurs projets. Mais ça, il ne me le dira que beaucoup plus tard.
- Allo, Jean Reno? Un sergent-chef de l'armée française, ça vous irait?

Décidemment, je suis abonné aux képis.

- Pas de problème. Je prends.

- Bon. Super. Essayages après-demain.

- OK. Pas de problèmes. Et merci pour tout.

Il se marre.

- Attendez la fin pour dire merci.
Et il a raison. Parce que "Les bidasses", ça va être quelque chose! Le scénario est fantaisiste, le metteur en scène dépassé et la production radine au-delà de l'imaginable. Le tournage se fait dans l'improvisation, la démerde et surtout la franche rigolade. Luc est partout, premier arrivé, dernier parti. Et moi aussi avec ma tenue et mon képi, deux heures avant le P.A.T. (prêt à tourner). Rien que pour cela, on se sent déjà complices. A la sortie, "Les Bidasses aux grandes manoeuvres" allonge la liste des nanars de l'année, mais je m'en fous. Ce film est le début d'une énorme amitié et d'une grande aventure partagée, et, pour moi, le carrefour de ma vie de comédien.

Quelques mois plus tard, Luc me file rencart dans un café.

Je le retrouve avec plaisir, tel que je l'ai quitté à la fin des "Bidasses". Bouille d'ado sur épaules de catcheur et toujours habillé par le même couturier: pull informe, jean en accordéon, baskets éclatées et son éternelle mallette Mickey. A croire qu'il dort avec.

- Tu fais quoi en ce moment, Jean ?

- Je ne sais plus où donner de la tête. Depuis "Les Bidasses", ils sont tous après moi: Altman, Kubrick, Spielberg. Ils sont comme des fous.

- Super, mais à part ça ?

- Ben à part ça... pas grand chose.

- J'ai un truc à te proposer.

- Ah! Super. "Le retour des bidasses" ?

- Pas vraiment. Non, c'est un court métrage. - C'est quoi l'histoire ?

- Deux mecs qui se tapent dessus. Enfin, en gros.

- Elle est formidable ton histoire. Et c'est qui le metteur ?

- Moi !

- Ouah! Comment t'as fait, côté pognon ?

- J'ai pas de pognon. C'est pour ça qu'il faut faire vite parce qu'on me prête une caméra pour deux jours et j'ai trouvé un décor gratos le week-end.

- Et qui sont les vedettes?

- Pierre Jolivet et... Jean Reno


Je ne connais pas encore Pierre Jolivet. Mais avec son frère Marc, ils ont une série de sketches qui marchent fort dans les cabarets et les music-halls. Deux artistes plein d'humour et de talent.

- Et c'est payé combien ?

- C'est pas payé.

- Ah non ! Fini, les trucs gratos.

- Ah !

Il est K.O. Il plonge dans son thé au lait - il en boit quinze par jour. Ca dure dix secondes et il m'attaque à fond. Luc, c'est pas le genre à rester au tapis. Et il le veut, son acteur.

- Mille francs.

- D'accord.

Son visage s'illumine et on part dans un gigantesque fou rire. Ca y est, on est vraiment synchro, potes depuis toujours et pour toujours. Décidemment, je fonctionne vraiment au feeling. Comme avec Didier. Ca ne s'explique pas. C'est comme ça.

- Au fait, c'est quoi le titre ?

- "L'avant-dernier".
En fait, "L'avant-dernier", c'est le brouillon, le pré-film du "Dernier Combat". Tout y est déjà: Luc, bien sûr, Jolivet, Eric Serra, Jean Reno, le noir et blanc, le scope. Et le talent surtout. Je retrouve dans le cinéma de Luc ce que j'ai connu au théâtre avec Didier Flamand. Même si leurs personnalités, leurs goûts et leurs façons de travailler sont totalement différentes, ils se rejoignent quand même: ce sont des artistes, des vrais, passionnés, imaginatifs, exigeants, provocateurs et des monstres de travail. Ce film, c'est surtout la naissance de la "molécule": Luc, Eric et moi. Le trio de l'amitié indéfectible et de l'aventure partagée. L'osmose de trois garçons qui partagent les mêmes goûts, les mêmes rêves, les mêmes passions.

Luc, c'est l'amitié coup de foudre. Avec Eric, ça évoluera plus doucement. Grâce à lui, je redécouvre ma jeunesse, la musique surtout: c'est un musicien génial. Il joue de tous les instruments. Chez lui, il a au moins vingt guitares, sans parler du reste: on est comme des mômes dans un magasin de jouets. Avec Luc pour nous surveiller. Tous les trois, on se jette dans "L'avant-dernier" avec passion.



Luc n'a pas d'argent, pas de matériel, pas de relations. Il est complètement inconnu. Mais il a une foi qui déplace les montagnes et une énergie impensable qui vous entraîne au-delà de vos limites habituelles.

Ce court métrage se tourne dans la passion, l'urgence, la poussière, les gravats... et le bonheur!

Pourtant, au final, Luc n'est pas content de son film: d'ailleurs, il n'est jamais content de lui. Moi, je le trouve génial. Et j'ai raison: il est sélectionné au festival d'Avoriaz et je suis invité. Quelques jours à la montagne, ça ne peut pas faire de mal. Jacques, mon copain de Casa, décide de m'accompagner avec sa nouvelle voiture. Super voyage! Sauf qu'on s'arrête à Beaune et que les vins de la région, ça se laisse boire! Rigolade, euphorie, conduite de plus en plus sportive et plantade dans le fossé! Hôpital et points de suture... Avoriaz, ça ne sera pas ce coup-là.

Mais Luc, il y est, et ça ne marche pas mal pour lui. Il rentre gonflé à bloc et se lance direct dans un projet beaucoup plus ambitieux: "Subway", une histoire d'amour, d'amitié et de musique, tournée entièrement dans le métro. Une super histoire, mais qui va coûter cher. Alors, le temps de trouver le fric et d'obtenir les autorisations de la RATP, le tournage n'est pas pour demain et je reprends mon éternelle cavalcade.
Luc revient avec un nouveau projet: "Le Dernier Combat". Parce que "Subway", pour l'instant, on oublie: trop cher, trop dur, trop tôt. Alors, en "deux coups les gros", il écrit un scénario "à la Luc", monte avec Jolivet une société de production - Les films du loup - et fonce dans le tas.

Quand il me téléphone pour m'annoncer la grande nouvelle, j'ai mon fils, Michael, dans les bras en train de faire son rot. Il sent bon le bébé tout propre et j'adore ça.

- Ca y est, Jean. On fonce. Tu vas pouvoir recommencer à te taper sur la gueule avec Jolivet.

Je suis à deux doigts de lâcher Michael. On discute cinq minutes, excités comme des puces et quand je raccroche, Michael ne sent plus du tout le bébé propre. Ma chemise non plus d'ailleurs!

L'équipe se rassemble, s'organise, se serre les coudes et s'engage à mort : Eric Serra, Carlo Varini le chef op, Martine Rapin la costumière, Sophie Schmitt la monteuse, Didier Grousset le futur metteur de "Kamikaze", Patrick Alessandrin, Vincent Jeannot, François Gentit, Cambou à la photo et tous les autres... des "épées", une équipe de fer.

On a la joie immense que Jean Bouise accepte de se joindre à nous. Jean, c'est un comédien remarquable, un homme formidable d'une intelligence et d'une gentillesse exceptionnelles.

Le tournage est incroyablement compliqué. Pas par manque de motivation ou de compétence, mais par manque de fric. Luc a ramassé tout ce qu'il pouvait. Auprès de sa famille, de ses potes et même du seul coproducteur - Constantin Alexandrov - qui ait cru à son histoire. Mais tout cela ne couvrirait pas deux jours de tournage d'un film normal. Alors chaque journée, chaque minute, chaque plan sont des casse-tête permanents. Le matériel est prêté, les décors squattés, les plans volés, les scènes réécrites à la dernière minute, en fonction des moyens du jour, les salaires pas payés et - un comble en tournage - même la cantine est aléatoire. Fauchée et affamée, une partie de l'équipe change tout le temps et les promotions vont à la vitesse de l'éclair: on commence stagiaire le lundi et on termine premier assistant en fin de semaine.
Techniquement, c'est l'horreur: le problème avec le matos prêté à l'oeil c'est qu'on ne peut pas être plus exigeant. Le pire, c'est la caméra: on l'appelle "le lave-vaisselle", tellement elle fait de potin. Encore heureux que le film soit muet. Pas terrible pour se concentrer mais pratique pour Luc qui a la spécialité de continuer à nous parler, à nous diriger pendant qu'il filme la scène.



Spécial, mais efficace. Il ne nous lâche pas une seconde. Il est partout: auteur, metteur en scène, machino, accessoiriste, cadreur et balayeur. La seule chose qu'il ne sait pas faire, c'est dormir. Moi non plus. Pas le temps. Je suis totalement crevé et je vois arriver la scène de la grande bagarre finale avec angoisse.

Elle se tourne dans une usine EDF désaffectée. Pour des questions d'éclairage, on ne dispose que d'une heure et demie pour tout mettre en boîte... Avec Pierre, on a répété les différentes parties de la lutte comme une chorégraphie. Et puis, ça fait déjà des semaines qu'on se tape dessus: on est rôdés! La lumière est bonne. A l'attaque! C'est une course folle, désespérée, à travers une dédale de pièces en ruines et escaliers branlants. La caméra tourne sans arrêt, Luc et le chef opérateur se relaient à l'épaule. On hurle, on est en nage, essoufflés. Pierre trébuche. Je ne sais plus s'il fait semblant ou pas. Je lui tombe dessus. Il se dégage et me balance un pied de table. Faut être rapide dans l'esquive, on est en pleine impro. C'est le défoulement total. La tension monte. Luc nous incite à nous frapper davantage. Des gladiateurs dans l'arène. Tiens, j'ai un goût de vrai sang dans la bouche. Je ne sens rien, je continue. C'est la folie. A la fin, Pierre est-au-dessus de moi, brandit un truc, frappe... et ne me loupe pas.

- Coupez!

Je suis mort, vidé. Je reste plusieurs minutes allongé sur le sol. Luc est ravi :

- Bravo. On a tout. Hé ! Jean, ça va ? Tu saignes...

SOS Médecins : 4 points de suture. Le tournage se termine à l'agonie.

Pour les séquences de désert, toute l'équipe doit partir en Tunisie. Finalement, ils y vont à quatre. Le metteur en scène, le héros, le chef op... et la caméra. Difficile de faire moins cher.

Moi aussi, je suis à l'agonie. Alors que je ne fais pas grand chose depuis des mois, c'est bien entendu pendant le tournage que Didier Flamand monte "La manufacture". Il réussit à transformer les anciens entrepôts de la SNCF, quai de la Gare, en théâtre. C'est une pièce satirique sur le fonctionnement des ministres. Beaucoup de fonctionnaires vont s'y reconnaître et Didier va se faire quelques ennemis de plus. Mais c'est un artiste, pas un homme d'antichambre. En tout cas, pour moi, impossible de refuser. Luc le jour, Didier la nuit, c'est un peu "too much". Il me reste cinq heures pour passer à la maison. Juste pour dormir, avaler un café, dire bonjour-au revoir. Génial pour arranger les rapports familiaux! Surtout qu'en plus, pour profiter des décors déserts et gratuits, on tourne les week-ends. Mais en même temps, c'est formidable parce que le tournage, c'est vraiment le triomphe de la passion, du talent et de l'amitié. Et c'est un véritable succès. Pas vraiment dans le grand public parce qu'avec un film en noir et blanc, muet de surcroît - la seule parole du film, c'est B.O.N.J.O.U.R. Et encore il a du mal à le dire -, c'est difficile de rivaliser avec "Mad Max". Mais dans la profession, c'est un film qui existe. Il est sélectionné à Avoriaz. Ce coup-là, prudent, j'y vais en train. C'est la première fois que je vois le film: Luc refuse que ses comédiens voient la moindre image avant la copie définitive. Histoire qu'ils ne se prennent pas la grosse tête, fassent de l'autosatisfaction ou du défaitisme. La seule référence, c'est l'oeil du metteur en scène et finalement, c'est mieux comme ça.
A Avoriaz, il y a de la neige. Il fait frisquet mais l'ambiance est chaude. On est tous au rendez-vous pour le film, pour Luc: Jean Bouise, Pierre Jolivet, Fritz Wepper, Eric Serra, le producteur et la femme du producteur. Ca commence d'ailleurs mal: à l'entrée du festival, elle trébuche et tombe. On l'aide à se relever. Elle a une phrase superbe: "C'est pas grave. Quand on tombe on ramasse toujours quelque chose." Que cela nous serve de leçon !



Et c'est notre tour. Le noir, la magie de l'image.

35 scope et son Dolby stéréo ! Je me prends un grand coup sur la tête : le film est beau, original, maîtrisé, audacieux. J'ai envie de pleurer et, d'ailleurs, je pleure.

La lumière se rallume. Moi je ferme les yeux. J'entends mon coeur battre, et puis le bruit des applaudissements couvre mes palpitations. A la fin, c'est la remise des prix. Le jury commence par attribuer ceux de petite importance. Rien pour nous... Je n'ose pas croire que l'on nous réserve le meilleur pour la fin. "Prix spécial du jury..." le temps est en suspens. Lourd. "... pour Le Dernier Combat de Luc Besson." Ma tension se libère d'un seul coup et je m'entends crier des "Bravo, Luc !" à travers les applaudissements. Je suis heureux pour lui et pour nous tous. Je ne quitte pas Luc des yeux. Il monte sur scène prendre son prix comme un automate. Il nous rejoint, le regard plein d'étoiles. On se jette dans les bras l'un de l'autre en bafouillant des "merci" pleins d'émotion. Dans un fond sonore, le jury continue sa remise des prix. Pour nous, c'est bon. On a ce qu'il faut ! J'entends vaguement une fois encore: "... pour Le Dernier Combat de Luc Besson." Je n'ai rien compris ! Et encore des applaudissements. Des visages se retournent vers notre groupe. Je ne comprends toujours pas. Luc monte une nouvelle fois sur scène pour une deuxième récompense. Le rêve continue. J'ai peur de me réveiller. Le jury a décidé qu'on était vraiment méritants et nous offre le Prix de la Critique. C'est le délire ! Et ce n'est pas fini: dans la foulée, "Le Dernier Combat" va ramasser une douzaine de prix internationaux.

Pour Luc, les portes du métier s'entrouvrent: il va les exploser et faire "Subway". C'est sûr!

D'accord mais ça va être long. Très long. "Subway", ça sera en 1985.
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:40    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Entrevue avec Luc Besson pour "Le Dernier Combat" dans le journal Sud-Ouest


Sud-Ouest, jeudi 28 avril 1983



"Le Dernier Combat" où l'apocalypse sans voix


Ne dîtes pas à Luc Besson (qui a l'air gentiment bourru de celui à qui on ne l'a fait pas) que "Le Dernier Combat" est peut-être (après tout) un film bressonien !

"Vous voulez dire bessonien ? Dans ce cas-là, je suis d'accord."

24 ans, les dents longues et une rage de filmer que ses succès à Avoriaz 83 pour son premier film n'ont pas assouvie.

"Un Prix spécial du jury et un Prix de la critique obtenus au Festival du film fantastique, ce n'est pas rien ! Nous étions dix-neuf à Avoriaz, presque toute l'équipe du tournage. Mais les organisateurs avaient oublié de porter notre film au programme ! Alors, nous avons mis tout le paquet pour que nos droits soient reconnus. Après, la distribution, la programmation, tout s'est très vite décidé. La Gaumont nous a aidé et le film marche bien. C'est cette société qui produira mon prochain film qui sera aux antipodes du premier, c'est à dire en couleur, parlé et se déroulera de nos jours. Pour les décors, on a principalement tourné à Paris, dans des chantiers. En couleurs, ça ne donnait rien, notamment près de la Bourse. Le reste a été tourné au Sahara. J'avais besoin d'un grand écran pour ne pas massacrer la photo que j'ai voulu très soignée. Oui, le thème c'est bien l'éloge d'un certain humanisme, de l'homme qui survit en s'adaptant un peu à toutes les conditions. Mes personnages sont muets parce que l'apocalypse les a atteints aussi dans leurs voix. D'où nécessité d'une bande son très riche, très travaillée, avec la dolby."



Comment devient-on Luc Besson ?

"Un père moniteur de ski, une mère monitrice de plongée : le spectacle, sur le plan corporel si vous voulez ! Après, l'écriture, j'ai toujours aimé. Mais j'étais mauvais en orthographe ; en classe, ça ne passe pas ! A 17 ans, j'ai tout plaqué. J'ai écrit 35 scénarios, fait tous les petits métiers du cinéma, vécu à Hollywood où j'ai fait un stage. Encore l'écriture : j'ai écrit des scénarios de bandes dessinées pour "Metal Hurlant". Qui m'a influencé ? Certainement Moebius, Bidal, Druillet. Si c'était à refaire ? Franchement, le tournage a duré onze semaines : c'était exaltant. L'écriture du scénario m'a pris beaucoup de temps : j'étais heureux. Mais chercher le financement d'un film est, de loin, la plus grande épreuve ! Epuisant... J'espère bien ne pas avoir à recommencer. La production, c'est une autre métier."
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:41    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Article sur "Le Dernier Combat" dans Le Télégramme de Brest

Le Télégramme de Brest, le 22/06/1983



Prometteur

Sorti avant le Festival de Cannes, plutôt bien accueilli par la critique, le premier film de Luc Besson a essuyé un échec commercial cinglant.
Dommage, très dommage même car il est rare qu'un jeune metteur en scène français lance un tel défi technique dans un cinéma hexagonal si souvent figé. En scope et noir et blanc, Besson s'est lancé dans un récit de science-fiction (après un conflit nucléaire, le monde, dont les habitants ont perdu leurs cordes vocales, est plongé dans la violence) d'où tout dialogue est exclu.
La bande son (remarquable) n'est faite que de bruitages et de musique et c'est à un train d'enfer que Besson mène ce combat qui est sans doute le premier d'une longue carrière.
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:41    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Article sur "Le Dernier Combat" dans Le Télégramme de Brest

Le Télégramme de Brest, le 22/06/1983



Prometteur

Sorti avant le Festival de Cannes, plutôt bien accueilli par la critique, le premier film de Luc Besson a essuyé un échec commercial cinglant.
Dommage, très dommage même car il est rare qu'un jeune metteur en scène français lance un tel défi technique dans un cinéma hexagonal si souvent figé. En scope et noir et blanc, Besson s'est lancé dans un récit de science-fiction (après un conflit nucléaire, le monde, dont les habitants ont perdu leurs cordes vocales, est plongé dans la violence) d'où tout dialogue est exclu.
La bande son (remarquable) n'est faite que de bruitages et de musique et c'est à un train d'enfer que Besson mène ce combat qui est sans doute le premier d'une longue carrière.
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:42    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Le magazine VSD, 1983

La fin du monde s'est produite et tout a été détruit, ou presque... Dans un désert de sable, une tour a miraculeusement résisté et abrite un survivant (Pierre Jolivet) occupé à bricoler une machine volante qui lui permettra de gagner Paris. Au milieu des décombres, il rencontrera un forcené diabolique (Jean Reno) et un médecin retranché derrière les murs de sa clinique (Jean Bouise). Il livrera avec eux d'étranges combats dont l'enjeu ne sera révélé qu'à la fin du film.
C'est splendide. Du cinéma fantastique qui frappe juste et fort. On est envoûté par le climat général ; l'utilisation du noir et blanc et l'absence de dialogues ajoutent encore à l'ambiance hallucinante de certaines scènes. On découvre un acteur venu du café-théâtre, Pierre Jolivet, que l'on devrait revoir au cinéma. On retrouve le merveilleux Jean Bouise dont le sourire triste s'inscrit admirablement dans cette histoire de rescapés de la fin du monde.
Ce premier film de Luc Besson a obtenu une double récompense au festival d'Avoriaz, le prix spécial du jury et le prix de la critique.
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:42    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Le magazine VSD, 1983

La fin du monde s'est produite et tout a été détruit, ou presque... Dans un désert de sable, une tour a miraculeusement résisté et abrite un survivant (Pierre Jolivet) occupé à bricoler une machine volante qui lui permettra de gagner Paris. Au milieu des décombres, il rencontrera un forcené diabolique (Jean Reno) et un médecin retranché derrière les murs de sa clinique (Jean Bouise). Il livrera avec eux d'étranges combats dont l'enjeu ne sera révélé qu'à la fin du film.
C'est splendide. Du cinéma fantastique qui frappe juste et fort. On est envoûté par le climat général ; l'utilisation du noir et blanc et l'absence de dialogues ajoutent encore à l'ambiance hallucinante de certaines scènes. On découvre un acteur venu du café-théâtre, Pierre Jolivet, que l'on devrait revoir au cinéma. On retrouve le merveilleux Jean Bouise dont le sourire triste s'inscrit admirablement dans cette histoire de rescapés de la fin du monde.
Ce premier film de Luc Besson a obtenu une double récompense au festival d'Avoriaz, le prix spécial du jury et le prix de la critique.
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:44    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant




Avoriaz 1983
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:45    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Extrait du récit de Luc Besson dans "L'histoire du Dernier Combat" il parle de ses acteurs


L'histoire du Dernier Combat
Editions Bordas

Par Luc Besson


Dans le casting du "Dernier Combat", Pierre Jolivet et Jean Reno reprenaient leurs rôles de "L'Avant-dernier". Pour le personnage du vieux médecin fou, on a pensé à Jean Bouise. J'aimais beaucoup cet acteur, qui correspondait exactement au rôle, mais je ne le connaissais pas... Le problème, c'est qu'il était à l'époque dans l'agence d'acteurs la plus importante de Paris, Artmedia, et que son agent nous avait dit qu'il ne voulait pas faire le film... On l'a contacté par un autre biais - un ami qui le connaissait - et là, on a appris que Jean n'était même pas au courant du projet.

Il est venu avec Isabelle Sadoyan, sa femme, à un rendez-vous fixé dans un café. Je lui ai raconté notre histoire, fait lire le scénario de vingt pages, et il m'a dit oui, avec enthousiasme ! C'était quand même gonflé de sa part ! Longtemps après, il m'a raconté : "C'est vrai, tu étais tout jeune, mais on sentait que tu n'étais pas là pour faire le malin, pour briller, tu étais vraiment là pour ton film, tu y croyais, tu l'avais en toi !..." Bien sûr, à l'époque, je n'avais guère d'arguments, si ce n'est la foi, l'envie, la pêche, mon court métrage et mes vingt pages ! Mais, quelque part, il y avait l'essentiel...

Après cette rencontre, c'est Jean Bouise qui s'est battu contre Artmedia pour négocier son cachet, en demandant qu'on n'assomme pas ces jeunes sans le sou avec les exigences habituelles : il a fait ça cent fois dans sa vie. Les gens de la profession ne savent pas combien ils doivent à cet homme-là. Il a aidé, encouragé, épaulé tous ceux qu'il a croisés... C'était un être formidable.

Jean Reno, c'est quelqu'un que j'avais repéré, la toute première fois, au cours d'un casting, alors que j'étais premier assistant sur "Les Bidasses aux Grandes Manœuvres". J'avais pour mission de trouver six filles et six garçons. J'ai dû en voir près de cinq cents pour ça... Un jour ou la fatigue me guettait, je vois arriver une "grosse masse", un gabarit de 1, 90m qui me dit à peine bonjour, me serre la main et s'assoit, très poli. Je lui demande s'il a une photo ou un dossier : il me sort sa photo, sans un mot. Un peu impressionné, j'insiste, voulant savoir s'il a déjà fait quelque chose, tenu des rôles ; il saisit sa photo et la retourne, toujours sans un mot : tout était inscrit au dos. Je lui dis que c'est très bien et que je vais en parler au metteur en scène. Il se lève, me serre la main et s'en va. Il avait dû articuler deux mots en tout et pour tout ! Ce n'est pas qu'il était distant, non, il était même d'un abord plutôt sympathique, mais c'était une sorte de force muette qui s'imposait comme ça, là, devant vous... Complètement séduit, je prends un rendez-vous pour lui avec le metteur en scène, qui ressort de l'entrevue en me faisant : "Bof !..." Il n'avait rien vu, rien senti. De mon côté, je croyais tellement à Jean que je l'ai appelé un peu plus tard, pour "L'Avant-dernier"... Au début, nos relations étaient assez tendues, car d'entrée de jeu, il m'avait déclaré : "Moi, je ne bosse pas gratuitement, un court métrage, c'est deux mille balles". Je n'avais rien en poche à ce moment-là, alors il m'a prévenu : "Bon, si tu ne les as pas maintenant, tant pis, mais tu me dois deux mille balles !" J'ai compris plus tard cette attitude : il s'était fait avoir des dizaines de fois et il se méfiait beaucoup... Finalement, en insistant un peu, le metteur en scène des "Bidasses..." avait accepté d'engager Reno pour faire un sergent de l'armée française dans son film. Chaque matin, donc, en arrivant sur le lieu de tournage, j'apercevais de loin la silhouette de cet énorme sergent en tenue, les mains dans le dos, qui attendait ses troupes ! Je me souviendrai toujours de cette image de Jean, habillé en sergent, statufié en haut du perron, tous les matins !



Au moment de "L'Avant-dernier", je connaissais un peu François Cluzet et je lui avait demandé de jouer le rôle principal. Je travaillais beaucoup avec Pierre Jolivet, mais je ne pensais pas du tout à lui pour le rôle... Finalement, François Cluzet a eu un problème d'emploi du temps et il n'a pas pu le faire. C'est là que j'ai proposé le rôle à Pierre, qui a accepté. Et quand on a décidé de se lancer dans "Le Dernier Combat", il m'a paru logique et tout naturel qu'il endosse la lourde tâche du premier rôle... Ce qui est bizarre, avec François Cluzet, c'est qu'il n'a donc fait ni "L'Avant-dernier", ni "Le Dernier Combat" et que lorsque je l'ai voulu pour "Subway", ça n'a pas été possible non plus. De même pour "Le Grand Bleu", j'ai encore pensé à lui et finalement, je ne l'ai pas pris... Cela fait dons très longtemps qu'on essaie de travailler ensemble... Je trouve que c'est un des meilleurs comédiens en France, mais ça fait douze ans qu'on se croise ainsi !

Pour les autres rôles du "Dernier Combat", le petit personnage incroyable qu'on envoie chercher de l'eau, par exemple, m'a été présenté par Jean Reno... A l'époque où Jean avait du mal à vivre de son métier de comédien, il tenait une boutique de photos en copropriété avec Patrick Camboulive, maintenant célèbre photographe de plateau (par ailleurs auteur de toutes les photos du livre "L'histoire du Dernier Combat")... Ils étaient installés dans une sorte de galerie commerciale, face à un marché. Maurice Lamy, le petit homme du film, y travaillait aux fruits et légumes... Ayant reconnu Jean dans un téléfilm, il lui avait confié, un jour de marché, qu'il rêvait de faire l'acteur. Alors Jean nous l'a emmené un matin et a plaidé sa cause. Maurice Lamy était très timide à l'époque ; je l'ai trouvé gentil, dévoué et naturel. Je l'ai donc pris pour incarner ce personnage.

Quant à Fritz Wepper, c'était un ami de Pierre Jolivet. Ils s'étaient rencontrés en Allemagne. Pierre m'en avait dit beaucoup de bien et je lui ai fait complètement confiance, puisque j'ai engagé Fritz sans même l'avoir vu. Il a donné toutes ses mensurations au téléphone à la costumière du film et il n'est arrivé à Paris que la veille du premier jour de tournage. Il parlait trois mots de français et moi, deux d'anglais ! L'homme avait l'air vraiment sympathique et le tournage s'est déroulé à merveille. A cette occasion, Pierre, déjà producteur, scénariste et acteur, s'est retrouvé également "interprète", car il parlait couramment allemand. Je me souviens su dernier plan qu'on a tourné en catastrophe, avec Fritz, dans la carrière : en aucun cas il ne devait louper son avion de retour. Dès que j'ai dit "Coupez !", il a lancé un retentissant "Au réfoir les zamis !" et il a sauté dans la voiture de l'assistant, en costume de tournage ! Il s'est changé en chemin et n'a pas raté son avion...
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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:47    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant



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MessagePosté le: Dim 1 Mar 2009 - 20:48    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

j'ai d'autres photos je les mettrais bientôt
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MessagePosté le: Lun 2 Mar 2009 - 01:53    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Merci et bravo
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MessagePosté le: Lun 2 Mar 2009 - 01:54    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

sympas ces recherches!
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MessagePosté le: Lun 2 Mar 2009 - 20:40    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

bravo pour toutes ces recherche,quel travaille di don
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MessagePosté le: Mer 4 Mar 2009 - 19:43    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

de rien
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MessagePosté le: Jeu 5 Mar 2009 - 20:25    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

Le Dernier Combat est un film français d'anticipation muet réalisé en noir et blanc qui a reçu les récompenses suivantes:

Festival d'Avoriaz 1983 : Prix spécial du Jury
Festival International de Bruxelles 1983 : Prix spécial de la critique
Césars 1984 : César pour Meilleure première œuvre


Anecdotes
Les scènes qui montrent des ruines ont été tournées dans les chantiers de Paris et dans le désert tunisien.

D'un budget de 600 000 francs — soit 91 380 euros, Luc Besson réalisa finalement son film pour la somme de 3 289 949 Francs. Le réalisateur, gérant de sa société de production Les Films du Loup, obtint un délai pour payer sa dette et évita ainsi la faillite. Détail cocasse : son banquier n'accorda à Luc Besson qu'un découvert de 2 500 francs lorsque celui-ci réclama son soutien.

Fritz Wepper, comédien allemand, est connu comme le comparse de l'Inspecteur Derrick, rôle fétiche de Harry Klein.

On y voit les jambes de Mylène (mais ça on le savait déjà)

L'apport de Jolivet et de Bouise
Collaborateur de la première heure de Luc Besson, Pierre Jolivet ne se contenta pas jouer dans le film. Il co-signa le scénario du film et participa à la production. Le travail de Besson et Jolivet paracheva celui qu'il avait accompli sur L'Avant-dernier. Le rôle tenu par Pierre Jolivet devait initialement être incarné par François Cluzet. Mais, engagé sur d'autres projets, dut décliner la proposition de Besson.
La présence de Jean Bouise a également été déterminante. Alors qu'il était le seul acteur de renom de la distribution, il a accepté de ne toucher qu'un cachet modique pour sa prestation. Besson le dirigera par la suite dans Subway, Le Grand bleu et Nikita. Jean Bouise mourut peu de temps après la fin du tournage de Nikita, et ne vit jamais le film fini.

Un petit budget devenu trop grand
Disposant d'un budget de 600.000 F, Luc Besson réalisa finalement son film pour la somme de 3 289 949 F. Le réalisateur, gérant de sa société de production Les Films du Loup, obtint un délai pour payer sa dette et évita ainsi la faillite. Détail cocasse : son banquier n'accorda à Luc Besson qu'un découvert de 2500 F lorsque celui-ci réclama son soutien.

L'Avant-dernier inspire Le Dernier
Avant de réaliser son premier long métrage, Luc Besson avait signé L'Avant-dernier (1981), un court métrage sur le même sujet. Ce film réunissait déjà Pierre Jolivet et Jean Réno dans les rôles principaux. Eric Serra composa les partitions des deux films.

Le premier long métrage du tandem Besson
Avec Le Dernier combat, Luc Besson entame sa carrière de réalisateur de longs métrages. Pour l'occasion, il recrute Jean Réno. Le cinéaste retrouvera le comédien dans quatre longs métrages : Subway (1985), le Grand bleu (1988), Nikita (1990) et Léon (1994).
Luc Besson avait fait la connaissance de Jean Réno lors de la phase de pré-production des Bidasses aux grandes manoeuvres (Raphaël Delpard, 1981), où Luc Besson était premier assistant. La carrure et la haute stature du comédien impressionnèrent Besson, qui fit logiquement appel à lui pour incarner La Brute de son premier court métrage.
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MessagePosté le: Jeu 5 Mar 2009 - 20:40    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

voici les photos des jambes de Mylène





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MessagePosté le: Jeu 5 Mar 2009 - 20:55    Sujet du message: Le dernier combat Répondre en citant

À sa sortie, Le Dernier Combat est remarqué par la singularité de ses choix formels
(CinémaScope, noir et blanc, son dolby) par rapport à la production du début des années
80. Ainsi Luc Besson témoigne-t-il déjà d’un sens du public et d’une capacité à faire
événement – malgré son relatif succès en salles, ce premier long métrage est remarqué et
convainc une partie de la presse. Faire une lecture de ce film aujourd’hui donne un éclairage
sur les caractéristiques du cinéma de Besson et sur le développement de sa carrière. Outre
les thèmes récurrents de l’apprentissage, voire de l’initiation, de la fuite devant l’épreuve de
la réalité et d’une certaine marginalité, le réalisateur garde une référence au cinéma ancien,
à l’imagerie des films de genre (ici, et plus tard dans Le Cinquième Elément, à la science
fiction). Comme la plupart des cinéastes français de sa génération (Annaud et Beineix), il est
également très réceptif à l’appel de l’Amérique (le choix du thème postapocalytiptique, peu
traité en France, va dans le sens d’une recherche de modèles outre-Atlantique). Sur le
système mis en place par la publicité, cette utilisation nostalgique relève d’une actualisation
d’anciens systèmes de représentation et alimente une joie évidente de filmer chez Besson.
Joie élémentaire, un peu enfantine, témoignant d’une fascination pour les images et la
technique, qui trouve un écho certain parmi les jeunes spectateurs. Dénigré par une certaine
critique, Besson au fil des succès, sera finalement récupéré par les intellectuels comme «
phénomène de société ». Sans suivre Serge Daney et voir en Besson un « promauteur », en
le comparant à « un tour-opérateur offrant une plus-value personnalisée à un tourisme de
masse » et mettant le spectateur dans une position de visiteur de parc de loisirs, il faut le
penser en oeuvre culturelle. On peut alors considérer ce qui arrive au cinéma actuellement
comme un retour à ses origines foraines. La partie lourde du cinéma aurait ainsi accompli
un cycle complet le ramenant à la fascination, à l’exotisme et au sensationnel. D’où le
rapprochement souvent fait avec les jeux vidéo que l’imagerie du Cinquième Elément évoque.
Il s’agit ici de penser le cinéma comme une industrie.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:10    Sujet du message: Le dernier combat

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