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Charles Baudelaire
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mymy
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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2009 - 19:36    Sujet du message: Charles Baudelaire Répondre en citant

Avant que l'ombre... a écrit:
Ouhla, il va me falloir du courage pour lire tout ça mdr
Ce qui est intéressant de savoir, c'est que la même année, ce sont les Fleurs du mal et Madame Bovary, de Flaubert, qui ont été expurgées après procès. Ça traduit la période de rigidité morale de la première partie du Second Empire.


et oui c'est l'époque qui voulait cela malheureusement

oui le procès est très long lire...
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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2009 - 19:36    Sujet du message: Publicité

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mymy
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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2009 - 19:37    Sujet du message: Charles Baudelaire Répondre en citant

« Charles Baudelaire, première édition des Fleurs du Mal
21 Juin 1857 »

C’est le 21 juin 1857 que fut mis en vente, au prix de trois francs, un mince
recueil de 100 poèmes, Les Fleurs du Mal, imprimé à mille cent exemplaires par
Auguste Poulet-Ma lassis, à Alençon, dans l’Orne. Ce dernier, associé à son beaufrère
Eugène de Broise, n’était pas seulement , par tradition familiale, l’imprimeur du
Journal d’Alençon, mais aussi, à Paris, l’éditeur des oeuvres poétiques de Théodore
de Banville, de Théophile Gautier, de Leconte de Lisle. Il avait rencontré Baudelaire
en 1850 et lui avait aussitôt ouvert très largement les colonnes de son journal, y
insérant nombre de ses poèmes, de ses textes en prose et de ses traductions de
Poe. C’est le 30 décembre 1856 que fut signé le contrat des Fleurs du Mal. Le poète
remit son manuscrit le 6 février 1857. La correction des épreuves dura quatre longs
mois, car Baudelaire, comme l’avait fait Balzac avant lui et comme le fera plus tard
Proust, ne cessa de remanier ses textes. Autant que de la forme de ses vers, il se
soucia de leur mise en page. Tantôt il se bat pour obtenir un texte plus aéré et donc
un volume plus fort, car il vit dans ce qu’il appelle « la terreur de la plaquette », tantôt
il s’acharne à faire respecter l’originalité de sa ponctuation « qui sert – précise-t-il – à
noter non seulement le sens , mais la déclamation ». Les lettres, parfois
quotidiennes, qu’il adresse à son ami durant cette période sont remplies de
récriminations en tout genre. Son excuse ? Le sens de la qualité de Poulet-Malassis :
« Vous-même, vous m’avez avoué une fois que vous pensiez comme moi, qu’en
toute espèce de production, il n’y avait d’admissible que la perfection. »
Baudelaire avait commencé à écrire des vers dès sa vingtième année, mais il
les retravaillait inlassablement et ce n’est que le jour de son trentième anniversaire
qu’il consentit enfin à publier, dans Le Messager de l’Assemblée, un premier
ensemble de onze sonnets, sous un titre générique qui renvoyait à Dante, Les
Limbes. Le livre, à paraître « prochainement », était « destiné à retracer l’histoire des
agitations spirituelles de la jeunesse moderne ». Etait-il vraiment prêt ? Dès 1848, ce
nouveau titre des Limbes était venu remplacer un autre titre, sous lequel le recueil
avait également était annoncé « pour paraître incessamment », Les Lesbiennes.
C’était en 1845…
« J’aime les titres mystérieux ou les titres pétards », manda Baudelaire à son
éditeur, le 7 mars 1857. Celui des Fleurs du Mal appartenait à la deuxième
catégorie ; il était apparu pour la première fois dans la Revue des Deux Mondes, qui
inséra, le 1er juin 1855, dix-huit poèmes accompagnés d’une épigraphe empruntée
aux Tragiques d’Agrippa d’Aubigné. La tradition veut qu’il ait été inventé par
Hippolyte Babou, un des amis faisant partie de la bohême littéraire.
En 1857, la renommée de Baudelaire ne dépassait guère les limites de cette
bohême. Il y faisait figure d’excentrique, de « prince de charognes », réputation
contre laquelle il ne cessa de protester tout en l’entretenant malicieusement. Critique
d’art original et parfois insolent (Salon de 1845, Salon de 1846, compte rendu de
l’Exposition universelle), traducteur d’Edgar Allan Poe qu’il imposa véritablement en
France comme un des grands classique du fantastique, Baudelaire renouait, dans
ses vers, avec la poésie des petits romantiques, avec Théophile Gautier et sa
Comédie de la Mort, Alphonse Rabbe et son Album d’un pessimiste ou Les
Rhapsodies de Petrus Borel, dit le Lycanthrope. C’est à l’auteur d’Albertus que sont
dédiées les Fleurs du Mal autant qu’à celui d’Emaux et camées.
C’est sans doute ce pessimisme nihiliste que la justice du Second Empire,
époque entièrement vouée au culte du progrès, voulait sanctionner en condamnant,
le 20 août 1857, pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs », six
poèmes dont le « réalisme grossier et offensant pour la pudeur » ne pouvait conduire
qu’à « l’excitation des sens ». A savoir : Les Bijoux, Le Léthé, A celle qui est trop
gaie, Lesbos, Femmes damnées, Les Métamorphoses du vampire. L’alerte avait été
donnée dès le 5 juillet par un article du Figaro, dénonçant l’immoralité d’un recueil où
« l’odieux […] coudoie l’ignoble » et où « le repoussant […] s’allie à l’infect ». Le 12
juillet, le Figaro revint à la charge. Mais dès le 7 juillet, le parquet avait ouvert une
instruction pour atteinte à la morale religieuse, à la morale publique et aux bonnes
moeurs. En vain, Baudelaire fit intervenir des amis et des relations : Gautier,
Mérimée, Mme Sabatier (qui tenta de consoler le poète à sa manière). En vain réunitil
des articles justificatifs d’Edouard Thierry, de Frédéric Dulamon (parus
respectivement dans Le Moniteur universel et Le Présent), de Charles Asselineau et
de Barbey d’Aurevilly. En vain enfin, Sainte-Beuve, qui s’était prudemment abstenu
de prendre position ouvertement, avait-il fourni au poète quelques « petits moyens
de défense » : « Tout était pris dans le domaine de la poésie. Lamartine avait pris les
cieux, Victor Hugo avait pris la terre et plus que la terre. Laprade avait pris les forêts.
Musset avait pris la passion et l’orgie éblouissante. D’autres avaient pris le foyer, la
vie rurale, etc. Théophile Gautier avait pris l’Espagne et ses hautes couleurs. Que
restait-il ? Ce que Baudelaire a pris. Il y a été comme forcé ».
Le jugement intervint quelques mois après le « blâme » adressé par la même
chambre correctionnelle, pour les mêmes raisons, à Flaubert qui venait de publier
Madame Bovary. Le général Aupick était mort entre les deux événements ; il n’a pas
assisté au déshonneur de son beau-fils, ni à sa gloire. Car Les Fleurs du Mal furent
saluées dès leur première édition comme un authentique chef-d’oeuvre et ceci par les
esprits les plus éminents de l’époque : Flaubert, Sainte-Beuve, Victor Hugo, Barbey
d’Aurevilly. C’est ce dernier qui comprit, mieux que les autres, que Les Fleurs du Mal
n’était pas un simple recueil de poèmes, mais que ce livre désespéré obéissait à une
« architecture secrète », dessinant une véritable descente aux enfers, que seul un
« moraliste » de la trempe de Dante, de Shakespeare ou de Goethe pouvait
concevoir. Obligé de se remettre à l’oeuvre mutilée par le jugement (qui ne fut révisé
qu’n 1949), Baudelaire lors de la deuxième édition, publiée en 1861, rendit cet ordre
plus cohérent
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mymy
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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2009 - 19:56    Sujet du message: Charles Baudelaire Répondre en citant

Page de titre de la première édition
des Fleurs du Mal (1857)

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mymy
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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2009 - 19:57    Sujet du message: Charles Baudelaire Répondre en citant

Charles BAUDELAIRE vu par ses contemporains


MONSELET, Charles : La Lorgnette littéraire – Dictionnaire des grands et des petits auteurs de mon temps, Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1857.

BAUDELAIRE (Charles). — Les lèvres serrées, un nez sensuel et frémissant, des yeux brillants « comme deux gouttes de café noir, » une voix brève et coupant les mots comme avec un couteau de boulanger, voilà M. Baudelaire. Nous commençons par sa personnalité, parce qu’elle est inséparable de son talent. Il y a quelque chose de choquant dans l’excès d’intelligence qui anime cette physionomie ; on se sent interrogé, presque deviné, et l’on se révolte. Ses écrits sont rares, mais empreints d’un double cachet de force et d’étrangeté ; ses vers sont substantiels, précis, il leur a donné le titre de : Fleurs du Mal ; nous ne voulons pas trop approfondir ce titre, nous craindrions d’y trouver un système, une théorie. Très âpre à la recherche des œuvres sérieuses et vécues, M. Charles Baudelaire a rencontré son semblable à travers l’Océan, — Edgar Poe ; — en conséquence, il l’a étudié avec une rare puissance d’assimilation et l’a traduit avec une passion effrayante. Edgar Poe, en effet, avec des vices douloureux en plus, a des facultés et des procédés qui sont communs à M. Charles Baudelaire ; on reconnaît dans tous les deux le même amour des exceptions morales, la même insanité de milieu, toujours la même concentration de style.

Si ce petit répertoire n’était pas chose si légère et si fugitive, nous aimerions nous arrêter encore au nom de M. Baudelaire. Comme tous les artistes volontaires et qui ne se préoccupent ni de leurs confrères ni de l’opinion publique, M. Baudelaire compte de véritables et acharnées inimitiés. — Est-ce parce qu’on annonce, comme devant paraître prochainement, un ouvrage de lui, intitulé : Conversations de M. Charles Baudelaire avec les Anges ?


NADAR (Félix Tournachon, dit) : Charles Baudelaire intime - Le poète vierge, Paris, Auguste Blaizot, 1911.

- «Tiens, Baudelaire !!! » dit alors ce Privat qui connaissait l'entier univers et qui, pour une fois, disait vrai.
Le banc a tressailli : nous allions donc enfin le connaître, celui-là tant désiré, attraction suprême ! Privat nous avait transportés, nous en récitant quelques pièces, dont par exception fortuite le légendaire craqueur avait négligé de s'attribuer paternité.
L'aspiré tiré bien à nous maintenant sur l'appel entendu, procédant dans sa marche par saccades des articulations ainsi que les petits acteurs en bois du sieur Séraphin, semblant choisir pour chacun de ses pas la place, comme s'il marchait entre des oeufs ou qu'il craignit par ce sable innocent de compromettre le luisant de sa chaussure.
Le noir du costume aidant, le geste retenu, méticuleux, concassé rappelaient les silhouettes successives du télégraphe optique qui se démantibulaient alors sur les tours de Saint-Sulpice ou, mieux, la gymnastique anguleuse de l'araignée par temps humide au bout de son fil.
L'entente était déjà complète avec notre nouveau malgré sa réserve, car alors ainsi se passaient les choses et bien avant les électricités de M. Edison : un quart d'heure à peine, et tout le « banc » accompagnait en essaim Baudelaire à son logis, quai d'Anjou en l'Isle, grimpant quatre à quatre et bruyamment le dernier étage du vieil hôtel Pimodan, envahissait l'appartement un peu mansardé mais vaste et confortablement meublé. Un tapis couvrait entièrement le parquet, luxe pour nous inusité. D'un grand fauteuil tout moderne et très accueillant où je me carrai de suite je regardais quelques tableaux, dont la miniature de Mme Aupick au long col et une inoubliable tête de femme, école italienne. Un peu plus tard, la cimaise devait s'enrichir du portrait de Baudelaire par Deroy, presque aussitôt mort sur son oeuvre : qu'est devenue cette toile doublement intéressante dont la place serait au Louvre et que nous vîmes brosser là, à la lampe, en trois ou quatre soirées?... Il me souvient de l’atmosphère parfumée qui régnait ici! Baudelaire répandait sur le tapis des flacons de musc à vingt sous. A vrai dire, l’odeur était un peu forte; mais ce trait surprendra-t-il chez le poète à qui la tignasse de Jeanne inspirait La Chevelure ?


VERNOY, Henri : Charles Baudelaire dans le journal L’Univers Illustré, le 14 septembre 1867.

Depuis que Charles Baudelaire a fermé les yeux, on n’a pas idée de la quantité prodigieuse de nouvelles à la main et d’anecdotes plus ou moins apocryphes qui ont été jetées à poignées sur sa tombe. Pour notre part, nous jugeons préférable de ne pas entrer dans cette voie. Au lendemain d’une mort, il y a quelque chose de pénible, croyons-nous, à entendre raconter combien tel écrivain buvait de verres d’absinthe, quel café il fréquentait de préférence, s’il avait l’ivresse gaie ou lugubre, et mille autres détails introduisant brusquement le passant dans la vie privée d’un homme dont une famille honorable pleure la perte.

Notre appréciation se limitera donc à l’écrivain, et nous nous hâtons d’ajouter que les Lettres ont perdu en Charles Baudelaire une personnalité d’une valeur incontestable et d’une vigoureuse originalité. Si, dans ses œuvres, il a poussé jusqu’aux dernières limites l’esprit de bizarrerie, cette tendance d’une nature inquiète et morbide ne doit pas nous empêcher de rendre justice à des qualités d’analyse philosophique dont la profondeur frappe à chaque instant le lecteur, et à l’éclat de la forme qui fera rester comme des modèles plusieurs de ses pièces des Fleurs du Mal.

Charles Baudelaire est né à Paris, en 1821. Il débuta, en 1845, par des critiques d’art et des comptes rendus de Salon. Il entreprit ensuite avec le plus grand succès la traduction des œuvres d’Edgar Poë, dont il a publié les Histoires extraordinaires, les Nouvelles Histoires extraordinaires, les Aventures d’Arthur Gordon Pym. Vint ensuite le livre étrange des Paradis artificiels, inspiré sans doute par l’abus du haschich et de l’opium. Mais ce qui a donné le plus de retentissement à son nom, c’est son volume de poésies intitulé les Fleurs du Mal.

Depuis plus d’une année, une cruelle maladie cérébrale le clouait sur un lit de douleur. La mort de l’esprit avait précédé la mort de la matière.
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mymy
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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2009 - 20:03    Sujet du message: Charles Baudelaire Répondre en citant

une plaquette J-L Murat chante 12 poème de Baudelaire (album de 2007)



01. Sépulture
02. Avec ses vêtements
03. La fontaine de sang
04. L’héautontimorouménos
05. L’horloge
06. Le guignon
07. Madrigal triste
08. La cloche fêlée
09. L’examen de minuit
10. Bien loin d’ici
11. Je n’ai pas oublié
12. A une mendiante rousse

http://www.jlmurat.com/spip.php?article39
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Inscrit le: 01 Juil 2010
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Date de naissance: 28/05/1988
Localisation: france
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Signe du Zodiaque: Vierge (24aoû-22sep)
蛇 Serpent

MessagePosté le: Jeu 20 Nov 2014 - 16:03    Sujet du message: Charles Baudelaire Répondre en citant

Sincère félicitation pour votre site, c'est un réel plaisir que de le parcourir. Surtout continuez ainsi. Je vous remercie pour ce magnifique partage.
Bonne continuation !


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:38    Sujet du message: Charles Baudelaire

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